Camélidés du Pérou

Quelles différences entre un lama, un guanaco, une vigogne et un alpaga ? Bon, il faut avouer qu’ils ne nous aident pas beaucoup ! Têtes similaires, de nombreuses couleurs, des sous-espèces très ressemblantes… Mais enfin comment les reconnaître ? En attentant d’aller au Pérou, voici un petit cours de zoologie pour briller en société.

Lamas et compagnie

Les habitants des Andes sont toujours surpris de voir un étranger confondre un lama et un guanaco. Un peu comme si en France, personne ne savait différencier un chamois d’un bouc (rassurez-moi, dites-moi que vous savez). Seuls la vigogne et le guanaco sont sauvages. Le lama et l’alpaga, domestiqués, descendent des deux premiers. Mais faisons un petit voyage dans le temps !
Les fossiles étudiés par les scientifiques, prouvent que les camélidés sont originaires d’Amérique du Nord. Après plusieurs millions d’années, ces premiers camélidés ont migré vers le sud du continent américain, mais aussi vers l’Asie, empruntant le détroit de Béring, comme le feront les premiers hommes (mais eux dans le sens inverse). Progressivement les camélidés d’Amérique du Nord disparaissent, sûrement en raison d’un changement climatique, d’où leur migration, les animaux ne « voyageant » pas par plaisir contrairement aux humains.
Depuis des millénaires, les populations de l’Altiplano doivent beaucoup aux camélidés ! Utilisés pour porter des charges moyennes, pour la fabrication de vêtements ou la consommation de nourriture, les camélidés domestiques ont permis le développement et la survie des hommes. Sans eux, la vie des Andes aurait été radicalement différente ! Lamas, guanacos, vigognes et alpagas, sont les plus grands herbivores d’Amérique du Sud. Présentation !

La vigogne

Malgré sa silhouette frêle, cet animal est d’une résistance thermique incroyable ! La vigogne vit à une altitude comprise entre 3 500 m et 4 500 m et peut supporter le fort rayonnement solaire comme les nuits glaciales.
Pour tondre leur laine, les civilisations précolombiennes les capturaient une à une, puis les relâchaient. À partir de la conquête espagnole, la vigogne sera systématiquement tuée au fusil pour le simple prélèvement de son pelage précieux. La fibre de sa laine est l’une des plus fine au monde, avec seulement douze microns ! Un manteau de vigogne peut dépasser les vingt mille euros, ce qui place inévitablement l’espèce en voie d’extinction… En espagnol, le mot est féminin : una vicuña (prononcer "bicugna").
Comment la reconnaître ? Dotée d’une silhouette élégante, la vigogne est le plus petit des quatre camélidés d’Amérique du Sud, elle n’excède pas les 50 kilos. Autre moyen d’identification, sa couleur fauve et son poitrail blanc.

Vigognes
Vigognes
La vigogne figure sur le blason péruvien, qui lui-même se trouve sur le drapeau national.
La vigogne figure sur le blason péruvien, qui lui-même se trouve sur le drapeau national.

Le guanaco

Seul camélidé non domestiqué avec la vigogne, le guanaco se trouve sur toute la cordillère des Andes, jusqu’à la Terre de Feu. Mais chassé à l’extrême, la population de guanacos a fortement diminué pour atteindre aujourd’hui un point critique. En espagnol, le mot est masculin : un guanaco. Le mot vient du quechua wanaku.
Comment le reconnaître ? Il a la même silhouette que la vigogne et la même couleur fauve, mais sachez que le guanaco a un poids deux fois supérieur ! Donc également plus haut. Pour le différencier du lama, de la même stature, vous remarquerez que son pelage alterne du court au plus touffu.

Un guanaco
Un guanaco

Le lama

Le lama, qui n’a rien à voir avec le dalaï-lama, est le plus populaire. Quel que soit le camélidé rencontré par un touriste, la question sera toujours : « c’est un lama ? » C’est que l’animal existe en plus de quarante coloris différents, et comporte deux races : le Q’ara (à la laine courte) et le Ch’aku (à la laine longue). En espagnol, le mot est féminin : una llama (prononcer "yama", avec le y mouillé).

« Quand lama fâché… »
Hergé a popularisé un comportement devenu légendaire : le crachat du lama. En fait, tous les camélidés sud-américains réagissent ainsi. Les combats de mâles peuvent êtres impressionnants, composés de morsures, de coups de pattes et de crachats. Mais c’est très rare qu’un humain subisse cet affront, au pire vous aurez droit à un bon postillon, mais cela signifie que vous l’aurez bien cherché, mille sabords !

Comment le reconnaître ? Avec le guanaco, c’est le plus grand des camélidés des Andes (1,20 m au garrot), d’où la confusion… Mais le lama n’a pas cette couleur fauve teintée de blanc qui caractérise le cousin guanaco. En revanche, le lama est reconnaissable à son air supérieur et à ses longues oreilles fines, légèrement en avant.

Lamas Q’ara
Lamas Q’ara
Lama Ch’aku
Lama Ch’aku

L’alpaga

Sa laine est très appréciée pour la fabrication des textiles péruviens. Il existe jusqu’à 23 couleurs naturelles, d’une définition assez rare ! La fibre de l’alpaga possède une importante résistance à l’eau, et elle est hypoallergénique. Sa viande est également très appréciée. Comme le lama, l’espèce est domestique et n’est donc pas en danger d’extinction. En espagnol, le mot est féminin : una alpaca.
Comment le reconnaître ? L’alpaga est le plus identifiable des camélidés. Comme disent les jeunes, « il a une pure tronche ! » Sa laine recouvre tout le corps jusqu’aux joues, ce qui lui donne l’apparence d’une peluche géante. Il existe deux races, le Wakaya (à laine abondante et frisée) et le Suri (laine longue et ondulée).

L’alpaga wakaya en arrière-plan, et l’alpaga Suri.
L’alpaga wakaya en arrière-plan, et l’alpaga Suri.
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Source : Encyclopédie Larousse en ligne ; © Photo principale : Folklore del Norte © Photo vigogne : http://www.chanatrek.com/ © Autres photos : Éric Guimbault
  • Martina

    Encore un article super informatif. C’est vrai que je vis dans la région Amazonas, mais il n’y a pas beaucoup de camélidés ici. Il y a 3 llamas à Kuélap et au Tambo Sapalanchan ils ont 2 alpagas, mais cela n’ont vraiment pas l’air gentil. Je peux bien m’imaginer les dégâts au combat…

    • Éric

      Les alpagas ont un caractère difficile, ils doivent vivre en groupe sinon ils deviennent agressifs. Parfois des particuliers ont chez eux un alpaga, ils pensent que c’est un animal domestique comme un autre… mais seul, il sera malheureux. Et c’est marrant je connais les lamas de Kuelap 🙂