Héritages africains

Lors de la colonisation du Pérou, les Espagnols ne vinrent pas seuls et amenèrent avec eux des esclaves venus d’Afrique. Cultures amérindienne et africaine ont d'abord cohabité, puis se sont côtoyés et au fil des générations, ont donné naissance à la culture afro-péruvienne. Cuisine, musique, danse… coup d'œil sur quelques facettes d'une culture particulièrement marquée sur la côte péruvienne.
L'arrivée des esclaves d'Afrique au Pérou

Arrivés au Pérou en 1528, les premiers esclaves travaillaient et vivaient dans les plantations de sucre et les champs de coton, essentiellement sur la côte du Pérou.

Une cuisine riche en saveurs

Les esclaves africains et leurs descendants ont su adapter les recettes typiques de leurs pays aux ingrédients trouvés dans la région, créant une cuisine afro-péruvienne.

Les plats sont forts en goûts et épicés. Les principaux ingrédients utilisés sont les tubercules, les fruits et légumes, les abats et la canne à sucre.

Parmi les plats afro-péruviens, la carapulcra est le plus connu. C’est un plat préparé avec des pommes de terre cuites dans un assaisonnement d’oignons, de beurre, d'ail, de sauce au piment rouge, entre autres. Le plat est accompagné de Sopa Seca et de viande de poulet, de dinde ou de porc, en plus du riz. Mmmmh, c’est un vrai régal !

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La Carapulcra, un mets délicieux ! © Carlos Masias
Qui sont les Afro-Péruviens ?
  • Où vivent-ils ? Principalement sur la côte sud (en particulier à Lima et les provinces de Cañete, Chincha, Pisco et Nazca) et la côte nord (entre Lambayeque et Piura).
  • Quelle est leur capitale ? Yapatera (région de Piura) est la ville avec la communauté afro-péruvienne la plus importante.
  • Quelle langue parlent-ils ? Leur première langue était le samaracca. Puis le dialecte cleoque est né, résultant du mélange de plusieurs langues.

Une musique aujourd'hui reconnue

Les instruments les plus représentatifs de la musique afro-péruvienne sont le cajón, un instrument de percussions, et le checo, tous deux créés par les esclaves, qui n'avaient pas les moyens de se procurer des instruments.

La musique afro-péruvienne a longtemps souffert de préjudices, mais elle a aujourd'hui sa place dans le patrimoine culturel du Pérou, grâce aux artistes qui l'ont fait connaître dans les années 1950 en arpentant inlassablement le pays.

Ma playlist afro-péruvienne
  • La Pelona de Nicomedes Santa Cruz
  • Festejo Mix de Eva Ayllón
  • Se acabó y punto de Arturo Cavero
  • Regresa de Lucha Reyes

Des danses traditionnelles

Qui dit musiques, dit danses. Parmi les plus connues, on retrouve :

La Zamacueca : danse née dans le nord du pays et qui était, semble-t-il, une danse généralisée de la capitale du Pérou, en Bolivie, en Argentine et au Chili. Elle est à l’origine de la Marinera.

Le Festejo : cette danse a été dérivée de danses africaines mixtes avec des pas de El son de los diablos. C’est un genre musical et de danse de type érotico-festif, qui a donné lieu à une série de danses avec des chorégraphies (comme l’Alcatraz et l’Inga, entre autres).

La Marinera est sûrement la plus connue. Cette danse de couples, dérivée de la Zamacueca, est pratiquée dans tout le pays avec la particularité d’avoir acquise dans chaque région des caractéristiques particulières.

photo principale : Le cajón, instrument de musique afro-péruvien © Andre Agurto