Le Chemin de l’Inca

Chemin mythique, mystique, bucolique, le Chemin de l’Inca au même titre que Machu Picchu, est victime de l’aura qui l’entoure. Sa fréquentation touristique est telle, qu’il a fallu restreindre le nombre de visiteurs pour éviter les débordements. Camino Inca, Inca Trail ou Chemin de l’Inca, appelez-le comme vous voulez, est une belle aventure ; mais sachez qu’il faudra faire quelques concessions pour fouler son sol.

Sous les plantes, les pavés

Cela peut paraître une évidence, mais le Chemin de l’Inca n’est pas le seul du Pérou, le réseau de sentiers est immense ! En fait, le succès de ce chemin en particulier, est surtout dû au fait qu’il aboutit à l’Inti Punku (la « porte du Soleil » en quechua), qui n’est ni plus ni moins que l’ancien accès des incas au Machu Picchu. Une arrivée spectaculaire, puisque du haut de la montagne nommée Machu Picchu, vous dominez l’ancienne cité éponyme, transpercée de nuages. La partie touristique du Chemin de l’Inca commence à Piscacucho au km 82, peu après Ollantaytambo. Mais originellement, le Camino Inca part de l’ancienne ville impériale : Cuzco.
Comment et quand fut découvert ce chemin ? En 1911, l’année où des paysans montrent la cité de Machu Picchu recouverte de végétation à Hiram Bingham, les premières fouilles de l’histoire du lieu sont lancées. Lors du long défrichage, l’équipe de Bingham découvre un chemin inca, ne s’imaginant pas un instant que ce chemin serait promu à une célébrité mondiale. Ce sentier sacré ne sera entièrement mis à jour qu’en 1968, un total de 45 km sillonnant une nature par endroits inchangée depuis l’origine du chemin lui-même !

 

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Vue satellite du Chemin de l’Inca

Autoroute de l’information… inca !

Au XVIe siècle, l’Empire inca était défini par le terme de Tahuantisuyu (les « quatre directions » en quechua), notion qui correspondait aux quatre points cardinaux, partant du Cuzco. Rapidement, en s’appuyant sur les anciens chemins pré-incas, l’empire développa un immense réseau sur six pays (les actuels Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie, Argentine et Chili). L’axe principal était appelé Qhapaq Ñan, traduit comme « chemin des puissants », « chemin royal » ou « grand chemin Inca ». Ce Qhapaq Ñan s’étendait du sud de la Colombie jusqu’au sud du Chili, soit 6 000 km. Avec les chemins incas secondaires on arrive à 23 000 km !
Tous ces chemins avaient comme points communs des relais appelés tambo (déformation espagnole du quechua tanpu). Ces petites constructions en pierres permettaient aux marcheurs de se restaurer, de changer de lama, de coursier, de déposer ou reprendre un message ou un chargement. Ce système ingénieux, typique de l’organisation inca, permettait de parcourir l’immense empire en des temps record.
Les chemins n’avaient pas tous la même fonction ni la même conception. Certains n’étaient que des sentiers longés de murets de soutènement. Les incas avaient divisé les chemins en trois fonctions différentes : les chemins militaires, qui passaient principalement par les sommets, les chemins commerciaux suivaient les vallées, et enfin une troisième catégorie de chemins, à vocation religieuse. Le Chemin de l’Inca (le fameux), était un axe sacré, cérémoniel, permettant à l’Inca d’honorer la nature, comme par exemple les montagnes. D’où la présence sur ce chemin, aujourd’hui encore, de nombreuses ruines et de sommets impressionnants, témoins des étapes que faisaient les fils du Soleil.

 

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© photo principale : Camino Inca © photo n°1 : Haylli © photo n°2 : Camino Inca