Le macho : à bord d’un train mythique

Je vous propose aujourd'hui un voyage en train des plus originaux. Le train dont je parle a ceci d'unique qu'il  fait ce qu’il veut quand il veut et part quand il l’a décidé. Le macho, tel est le nom qu'on lui donne, qui relie Huancavelica et Huancayo et le moins que l'on puisse dire est qu'il est unique en son genre.

Un macho pas si macho

Le train a été baptisé « macho » par les gens de la région parce qu’à ses début, il avait la fâcheuse tendance à partir et arriver quand il le voulait et quand il le pouvait.

Le surnom est resté, même s'il a pris depuis une connotation plus affectueuse. Car s’il était un temps où le train régnait en maître et abusait de ses pouvoirs, tout ceci est révolu…

Et en réalité, ce train n’est pas si macho que ça ! Son nom serait une simple déformation du mot quechua macchu qui signifie « vieux ». De la à dire que le train serait plutôt un petit vieux têtu et caractériel, il n'y a qu'un pas que je ne saurai franchir.

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Un train pas si macho que ça ! © Hugo Carrillo

L'histoire d'une ligne mythique

Le ligne de chemin de fer empruntée par notre macho a été conçue sous le gouvernement d’Augusto B. Leguía et sous l'influence de Celestino Manchego Muñoz, son confident et collaborateur.

Dans un premier temps sa construction était projetée entre Huancayo et Ayacucho mais Manchego Muñoz, originaire de Huancavelica, a tenacement défendu l’idée du détournement du train par sa ville faisant valoir le transport de l'or, de l'argent et des minéraux.

Le chemin de fer a été inauguré le 24 octobre 1926, reliant les villes de Huancayo et Huancavelica et depuis, à l'exception de quelques arrêts liés à la logistique et à l’entretien, ce dernier n’a jamais cessé de fonctionner.

Dans une région où règnent la procrastination et le manque de réseaux routiers et où la géographie va à l’encontre du développement, il est devenu indispensable. Grâce à lui, beaucoup d’habitants de Huancavelica ont un accès facile à la ville de Huancayo et à la capitale elle-même.

Voyage à bord du train

C’est sans aucun doute l'une des expériences les plus spectaculaires sur les hautes terres. Parcourir les Andes centrales à bord du train macho est une véritable attraction. En plus de permettre aux voyageurs de traverser des paysages somptueux, il les plonge dans la culture vivante de la région. Il existe tout un contexte culturel à bord ce train, véritable reflet des relations sociales et des traditions qui se produisent au fil du temps.

Le trajet, long de 128 kilomètres dure un peu plus de 5 h. Quelque 38 tunnels et 15 ponts ponctuent la ligne de chemin de fer, dont une partie correspond à Ñam Capac, le grand chemin de l'Inca. Le parcours est vallonné et outre la vallée de Mantaro il traverse des champs, des rivières et des ruisseaux ; autant de paysages spectaculaires.

Mon conseil à Huancavelica

Si vous souhaitez monter à bord du macho, arrangez-vous pour rejoindre Huancavelica le vendredi, veille du marché. Vous pourrez ainsi passer le samedi à arpenter les allées d'un marché très fréquenté. Outre le fait de pouvoir admirer les costumes traditionnels portés par les paysans et les filles paysannes aux chapeaux ornés de fleurs de toutes les couleurs, vous pourrez faire le plein de savoureux produits locaux.

Informations pratiques
  • Le train circule tous les jours.
  • Horaires : lun.-sam. : départ de la gare de Chilca (Huancayo) à 6 h 30 et arrivée à Huancavelica vers 12 h. Retour à 14 h et arrivée à Huancayo vers 19 h 30. dim. : départ de la gare de Chilca (Huancayo) à 6 h 30 et arrivée à Huancavelica vers 14 h.
  • Acheter son billet : rendez-vous dans les gares de Huancayo et Huancavelica. Le prix du billet est de 9 nuevo sol par personne (env.2,60 euro en avril 2017).
  • Se restaurer : buffet de spécialités locales servies au wagon-restaurant ; possibilité d’acheter du choclo (maïs) avec du fromage, des gâteaux faits maison, des pommes de terre avec du fromage, des boissons locales et de délicieux et croustillants Chicharrones aux vendeurs ambulants présents dans les gares.
photo principale : Une famille andine dans le train en direction de Huancavelica © David Almeida