Le parc national de Huascarán

Le parc national de Huascarán se situe dans un écrin de montagnes, au cœur de la cordillère Blanche. D’apparence indestructible, ces pics enneigés n’en sont pas moins fragiles et subissent l’impact du réchauffement climatique. Se rendre dans ce parc vous ressource le corps et l’esprit ! Marcher près des lacs glaciaires aux couleurs de lagons et guetter l’apparition d’une viscache sauvage vaut l’effort physique lié à l’altitude. Comme on dit en espagnol, es espectacular !

Avalanche (de chiffres !)

Le parc national de Huascarán porte le nom du somment le plus haut du Pérou, culminant à 6 768 m. Créé en 1975, il est déclaré réserve de biosphère en 1977, puis inscrit sue la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985.
Le parc national de Huascarán couvre une superficie de 340 000 hectares et propose pas moins de 25 itinéraires de randonnées ! Ici, la nature offre un large spectre de microclimats où poussent 779 espèces de flore andine, où vivent des mammifères rares comme le chat andin, et 120 espèces différentes d’oiseaux, dont le majestueux condor des Andes. Parmi les raretés du parc, on trouve le Puya Raimondi. Cette broméliacée tient son nom du naturaliste italien Antonio Raimondi, qui étudia et décrivit cette plante surprenante. Elle peut vivre plus de 100 ans et lorsqu’elle fleurit, ce sont des milliers de fleurs qui sortent sur sa hampe de plusieurs mètres de haut.
Les montagnes ont pour les populations andines un aspect culturel, voire religieux, et ce depuis toujours. Les hauts sommets sont sacrés et aujourd’hui encore des pèlerinages sont effectués. Donc pas étonnant lors de vos sorties, de trouver des canaux d’irrigation, des systèmes de terrasses, des fortifications, des tombes ou de l’art rupestre.

Vieux de milliers d'années, le Puya Raimondi est en voie d'extinction.
Vieux de milliers d'années, le Puya Raimondi est en voie d'extinction.
Seules certaines zones du parc national Huascarán sont ouvertes aux animaux domestiques.
Seules certaines zones du parc national Huascarán sont ouvertes aux animaux domestiques.

Le top des treks dans le parc de Huascarán

Plusieurs activités sont possibles dans cet immense parc : escalade, vélo, kayak, observation des oiseaux et… ski. Mais la star des disciplines, c’est la rando, pardon ! Le trek. C’est exactement pareil mais ça fait plus… cool. Et puisque nous sommes dans les Andes, au lieu d'alpiniste, préférez le terme andiniste. À ne pas confondre avec les sandinistes, les membres d’un parti politique révolutionnaire du Nicaragua. Anyway, voici quelques treks à faire dans le parc national de Huascarán. Ces endroits dépassent tous les 4 000 m, donc nécessitent une acclimatation à l’altitude. Les départs se font facilement de Huaraz ou de Caraz.

Une viscache du Pérou, un mix entre un lapin et une marmotte.
Une viscache du Pérou, un mix entre un lapin et une marmotte.

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La laguna 69

Le nom mérite une petite explication. Les lagunas sont de petites étendues d’eau, ici, des lacs glaciaires. Le parc de Huascarán en compte environ 296 ! Certaines ont des noms quechuas que personne ne retient et celle-ci est la 69e répertoriée, d’où son nom. Il faut environ 3 h de marche pour arriver à 4 650 m et admirer la cascade qui dégringole dans ce lac bleuté. Le responsable de cette merveille est juste au-dessus, le glacier Chacraraju, qui culmine à 6 112 m.

La laguna 69, dans le parc national de Huascarán
La laguna 69, dans le parc national de Huascarán

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La laguna Parón

4 h de marche à partir du village du même nom, avec au final un spectacle à tomber par terre ! Relevez-vous quand même pour prendre une photo. Le Parón est le plus grand lac de la cordillère Blanche, il s'étire sur 3,5 km et reflète les massifs enneigés.

Le Huascarán possède 2 sommets, l’un au nord à 6 655 m et l’autre au sud à 6 768 m.
Le Huascarán possède 2 sommets, l’un au nord à 6 655 m et l’autre au sud à 6 768 m.

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La laguna Churup

Les minibus vous laissent au camp de base de Pitec à 3 850 m d’altitude. Comptez environ 3 h de marche pour arriver au lac, situé à 4 450 m, avec vue sur le glacier Churup.

Oui c’est beau, mais il faut 3h de marche pour le retour…
Oui c’est beau, mais il faut 3h de marche pour le retour…

4
Le trek de Santa Cruz

Ce circuit se fait en 4 ou 5 jours (selon votre rythme). Ne pas se laisser impressionner par le nombre de jours, la difficulté est davantage liée à l’altitude, avec un point à 4 700 m. Ce qui n’est pas très élevé pour le Pérou et fréquent pour les randonnées.

Le queñua est l’un des arbres les plus résistants au froid de la planète.
Le queñua est l’un des arbres les plus résistants au froid de la planète.

Le réchauffement climatique vous laisse froid ?

Les glaciers sont de bons indicateurs de climat. L’accélération de leur fonte sonne comme des appels au secours. Lorsqu’un glacier perd trop d’eau, cela provoque des réactions en chaîne. Un peu comme lorsque le haut de votre réfrigérateur inonde tout ce qui se trouve dessous . Dans la nature, les conséquences sont plus graves que dans votre réfrigérateur car il y a un peu plus de monde… et vivant ! La fonte accélérée d’un glacier entraîne des inondations avec souvent des blessés, parfois des morts et de gros dégâts matériels. Ces inondations bouleversent l’écosystème et sur le long terme, sont suivies de sécheresse pouvant conduire à des famines, des épidémies, voire des migrations animales.
En revanche, la fonte « normale » des neiges et glaciers est bénéfique, elle alimente des dizaines de rivières qui se divisent dans les vallées. Cette eau est vitale pour de nombreuses populations qui l’utilisent comme eau potable, l’irrigation, mais aussi pour la production d’électricité ! Et là, je ne parle pas que des Andes mais de nombreux pays. Une expression dit : « garder la tête froide ». C’est ce que je souhaite aux montagnes, et à vous également !

Suggestions de voyages dans le parc national de Huascarán


© Photo principale : Eric Guimbault © Photo n°2 et 3 : ministère de l'Environnement © Autres photos : Eric Guimbault