Le quechua langue inca

De toutes les langues parlées dans l'Empire, les Incas choisirent le quechua, ou runa simi (litt. : « la bouche de l'homme »), comme idiome véhiculaire du plus vaste empire de l'Amérique précolombienne. Le quechua est aujourd'hui la langue native la plus utilisée en Amérique du Sud avec quelque 12 millions de locuteurs. Voici l'histoire de cette langue et son petit lexique de survie.

Le quechua d'hier à aujourd'hui

Le quechua est né dans la région de la côte centrale de Lima et s’est répandu à Cusco et dans toute la Vallée Sacrée conjointement avec l’expansion de l'Empire inca. Les vainqueurs ont su imposer leur langue comme une force unificatrice, langue de l'État. Le terme runa simi a été remplacé par quechua au XVIe siècle, par Fray Domingo de Santo Tomas.

À l'heure actuelle on parle quechua dans toute la partie occidentale de l'Amérique du Sud et il est aussi, tout comme l’espagnol, la langue officielle dans des pays comme l'Équateur, la Colombie, la Bolivie, le Pérou, le Chili et l'Argentine.

Au Pérou, la deuxième langue la plus parlée est le quechua. Il domine largement car il y a deux fois plus de gens qui parlent quechua en comparaison avec l’anglais. Si le quechua est toujours en vigueur, c’est parce qu’on lui attribue généralement plus d’importance. Il est si populaire qu’il possède même son propre moteur de recherche Google.

Il est surtout utilisé à l'intérieur du pays (provinces) par des adultes de plus de 40 ans résidant dans les zones rurales, et au faible niveau socio-économique. Junin, Ayacucho et Huancavelica sont parmi les régions qui préservent la langue maternelle.

Les plus jeunes parlent de moins en moins quechua et cela pourrait signifier que, dans quelques années, cette langue pourrait disparaître. Si les parents parlent quechua et conservent encore leur oralité, les enfants grandissent le plus souvent déracinés de leur culture et ne parlent plus leur langue maternelle. Afin de contrecarrer cette tendance et préserver la langue native, certains font pression sur le gouvernement péruvien pour qu’il définisse des mesures concernant l’éducation des enfants des zones rurales. La région de Huancavelica fait figure de bon élève car tous ceux qui souhaitent réussir les concours d’enseignants de la région ont l’obligation de parler la langue quechua.

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Une rue de Cusco © Cédric Liénart

Les caractéristiques de la langue quechua

C’est une langue expressive, qui exprime l'affection, l'appréciation et la confiance. Le quechua est énergique quand il vient à nier, avertir ou attirer l'attention.

L’une des caractéristiques les plus évidentes de la langue est l’usage d’onomatopées. Les mots quechuas sont nés de sons naturels, comme les bruits du vent, l'eau courante, le gazouillis des oiseaux, etc. Les mots sont construits à partir de mots-racines auxquels on ajoute des préfixes ou des suffixes. C’est aussi une langue polysémique: un grand nombre de mots dans la langue quechua, ont deux ou plusieurs significations.

Quelques mots de quechua
  • Bonjour : Allin paqarin (Buenos días)
  • Bonsoir : Allin sukha (Buenas tardes) / Allin ch´isi (Buenas noches)
  • Salut Rimaykullayki / Napaykullayki

 

photo principale : À Cusco, on parle aussi quechua © Felipe