La Panaméricaine

La Panaméricaine fait partie des routes les plus spectaculaires du globe. Mais c’est surtout la plus longue, reliant l’Alaska à la Terre de Feu ! Peu de personnes ont relié ces deux extrémités, tant l’aventure est longue, mais la partie péruvienne est nettement plus accessible. Voici l’histoire d’un tracé complexe, un choc entre les hommes et la nature !
L’immense désert péruvien
L’immense désert péruvien

Relier les Amériques !

On peut dire que ce sont les Incas qui ont été les premiers à créer un axe de circulation remontant le continent. L’étendu de l’empire couvrait une partie de l’Argentine et du Chili, la Bolivie, le Pérou et l’Équateur, immense couverture géographique sillonnée par de nombreux sentiers ! Mais un axe principal nord-sud, permettait surtout aux Indiens de se déplacer rapidement, une Panaméricaine avant l´heure.
En toute logique, vu la forme allongée du continent, l’idée de créer une route principale perdurera, et en 1889, lors de la première conférence de la Panaméricaine, le sujet revint avec un projet de construction d’une immense voie ferrée. Cette époque était propice aux défis audacieux, la fin du XIXe siècle voit le percement du canal de Panama, ou encore la construction dans les Andes péruviennes du chemin de fer le plus haut du monde. En 1923, lors de la cinquième conférence de la Panaméricaine, le projet de développer un réseau d’échanges commerciaux entre les trois d’Amérique est adopté. Mais durant toutes ces années, la voiture a supplanté le train et finalement, la Panaméricaine sera une route.

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La Panam’ et ses grandes sœurs

La route originelle part de Buenos Aires, en Argentine, rejoint Valparaiso au Chili, remonte la côte, longe tout le Pérou et poursuit sa percée jusqu’au nord de la Colombie. Au fil du temps, des axes transversaux viendront se greffer à cette artère principale, tels des faisceaux sanguins parcourant un corps de la taille d’un continent : les Amériques ! La Panamericana, avec la même signalétique, totalise 24 500 km. Si l’on tient compte des voies rapides qui la prolongent aux deux extrémités, en Alaska et à travers la Terre de Feu, le réseau atteint 48 000 kilomètres! Et autant de contrastes que peuvent en réunirent tous les pays de ce merveilleux continent.
Au Pérou, la Panaméricaine est une portion sans problèmes. Pas de forêts à traverser, pas d’éboulements à la saison des pluies, « seulement » 2 510 km entre Tumbes (au nord) et Tacna (au sud). Entre les deux, la route longe l’océan Pacifique, des immenses zones désertiques, puis vers les sud, passé Ica, la route quitte la côte et prend un peu de hauteur sur les contreforts de la cordillère. Une route essentiellement côtière, qui vit naître certaines des plus anciennes civilisations du Pérou, comme celle de Mochica, de Caral, de Nazca ou de Paracas… Une sorte de voyage dans le temps.

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Certaines lignes de la pampa de Nazca, ont été involontairement coupées par la Panaméricaine.
Certaines lignes de la pampa de Nazca, ont été involontairement coupées par la Panaméricaine.

Le « mur vert »
Au nord de la Colombie, la Panam’ s’arrête net face à un obstacle naturel : le bouchon de Darién ! Cette zone sauvage, située au Panama, sert de frontière naturelle avec la Colombie et empêche depuis toujours l’homme de dérouler son tapis d’asphalte. Composé de forêt, de marais impénétrables et de populations indigènes, le Darién est pratiquement intouchable. Ce sont à peine 100 malheureux petits kilomètres qui manquent pour faire de la Panaméricaine une route ininterrompue, mais depuis une quarantaine d’années cette zone est farouchement défendue par les guérilleros et des trafiquants en tous genres… De la géopolitique par excellence !

La Panamericana. Le carré jaune montre la région infranchissable du Darién.
La Panamericana. Le carré jaune montre la région infranchissable du Darién.
Source : Motorfull
© Photo principale : Motorfull ; © Photo vue d’avion : Shoestring ; © Carte géographique créée par Seaweege ; © Autres photos : Eric Guimbault
  • Martina

    J »adore ces routes mythiques. De cette Panam’, j’ai pu en parcourir une partie au volant dans divers pays en diverses occasion, Costa Rica, Panama, Equateur, Pérou. C’est comme suivre la 66 aux States, on suit des routes qui relient les hommes. Historique! Philippe