Que faire à Iquitos ?

Aujourd'hui Iquitos est une ville moderne de plus de 400 000 habitants, et malgré la capacité humaine à se répandre sur la planète, l'épaisse forêt pluviale et ses multiples bras de rivières ne permettent pas au roi asphalte de régner. C'est parce qu'aucune route terrestre ne conduit à cette ville qu'il émane d'elle un rythme insulaire. Loin géographiquement de la culture andine, Iquitos apporte sa touche locale faite de looongues rivières, de chaleur humaine et... de chaleur tout court. Cette ville amazonienne sait allier décontraction et agitation. Découvrez nos suggestions pour profiter de la ville et de son environnement naturel exceptionnel.

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Rallier Iquitos en lancha

Se demander comment rejoindre Iquitos n'est pas anecdotique, parfois certains trajets sont plus surprenants que la destination elle-même.
Le voyageur qui a peu de temps prendra l'avion pour se rendre à Iquitos. Au départ de Lima, des vols relient la ville 2 à 3 fois par jour. Il est également possible de prendre un avion pour Iquitos à Pucallpa.

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L'autre moyen pour s'y rendre est de naviguer avec una lancha, un bateau à fond plat. Il faut rejoindre la ville de Pucallpa, où la compagnie Henry embarque passagers et fret.
Il ne faut pas se mentir, ce voyage n'est pas synonyme de grand luxe, tous les passagers installent leur hamac côte à côte et l'intimité est limitée. Mais c'est l'occasion de rencontrer les Péruviens, d'avoir le temps de parler avec eux, de longer la forêt sauvage et d'attendre tranquillement le soir pour admirer le coucher du soleil et la voûte étoilée. Magnifique !

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Avant le départ, il faut s'équiper : un hamac, une gamelle pour prendre les repas, un couteau (pas pour se battre sur le pont mais pour éplucher ses fruits ou raccourcir la corde du hamac) et de quoi lire ! Oui, le voyage dure 3 à 4 jours et il faut savoir passer le temps, qui est élastique comme le caoutchouc. En effet, cette durée dépend de la rapidité à laquelle le bateau va se remplir au départ, du niveau de la rivière, de la force du courant, du nombre d'escales ou de l'humeur du capitaine... Pensez aussi à avoir de la petite monnaie pour acheter des fruits aux escales, car les repas (compris dans le billet) sont légers.

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Se balader dans la Venise de l'Amazonie

Donc un jour la lancha arrive à bon port : Iquitos, ville ô combien accueillante... L'arrivée du bateau et ses livraisons dans les petites villes amazoniennes est un moment important. Des vendeuses de fruits attendent fébrilement l'approche pour proposer leur récolte aux passagers.
Bien que l'on puisse être un peu surpris par la circulation, tant les triporteurs peuvent être envahissants aux heures de pointes, il règne ici une nonchalance propre aux pays tropicaux. L'isolement pousse inconsciemment les habitants à parler plus facilement aux étrangers, de manière amicale, curieuse aussi. La vie nocturne est très vivante et avec un peu de prudence on peut passer de très bons moments avec les habitants d'Iquitos. Par prudence, j'entends ne pas finir complètement saoul avec le portefeuille qui dépasse. Je l'ai déjà vu...

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Le marché du quartier de Belén est une bonne immersion dans la culture locale. Certains guides la décrivent comme « la Venise de l'Amazonie » pour sa partie sur l'eau, avec ses pontons un peu vieillis qui serpentent entre les maisons sur hauts pilotis.
Je précise que ce décor « italo-amazonien » n'est visible qu'à la saison des pluies ou quand le fleuve est encore haut, approximativement entre décembre et avril. Le reste de l'année, le fleuve baisse de plusieurs mètres, laissant sur place sacs plastiques et autres rejets du fleuve. Mais Belén reste pittoresque, avec ses produits de la selva (la jungle), son bazar et toutes les maisons en bois posées sur leurs jambes démesurées, attendant la prochaine saison des pluies.

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Découvrir le forêt amazonienne

On ne vient pas particulièrement à Iquitos pour ses musées et ses expositions, ici on profite de la décontraction, des soirées festives et de la proximité de la forêt amazonienne. Nombreux sont ceux qui s'attendent à une exploration entourée d'animaux sauvages, mais il faut être réaliste, la forêt proche d'Iquitos n'a plus de faune sauvage. Mis à part quelques oiseaux et les insectes (réels rois de la forêt !) on voit peu d'animaux et il n'y a rien d'étonnant à cela. Premièrement, parce que la majorité des mammifères et reptiles ont une activité nocturne et deuxièmement, le développement humain les repoussent sans cesse plus loin (braconnage et déforestation).

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Le meilleur endroit pour prendre une bouffée de forêt pluviale, c'est la réserve de Pacaya Samiria. Cette immense zone boisée regorge de lacs, de lagunes et d'une faune assez rare. Mis à part les moustiques, l'expérience est excellente.
Autre option, celle d'agences qui proposent un parcours dans les arbres. Perché à une trentaine de mètres, il est plus facile d'observer les oiseaux, les singes ou les paresseux. C'est au petit bonheur la chance, nous ne sommes pas au zoo. Mais on se sent au contact de la nature en ayant foulé le sol de la forêt et approché sa canopée.

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Certains tours proposent également la rencontre de tribus indigènes. Là encore prudence, l'appât du gain flirte souvent avec le folklore reconstitué. Pas la peine d'être anthropologue pour deviner que ces « indigènes » se rhabillent en fin de journée comme vous et moi, utilisent un smartphone et sirotent un verre en centre-ville. L'argent peut aider, mais il est souvent un leurre.

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Sources : http://www.fondationsocietetoureiffel.org/histoires-eiffel-final.pdf
© Photo principale : Eric Guimbault © autres photos : Eric Guimbault