Tipón, ville d’eau

Tipón est l'un des sites incas les plus secrets. On dit que c'est le seul complexe inca qui présente un fonctionnement parfait. Véritable témoin du génie des Incas, Tipón montre comment les Incas parvenaient à dompter la nature tout en la respectant profondément. À l'occasion de votre prochain voyage au Pérou, ne manquez pas ce superbe site et en attendant, suivez-nous pour une première découverte.

L'essentiel à savoir sur Tipón

Le nom Tipón proviendrait, selon l'historien Luis Antonio Pardo, du mot quechua Timpuj qui signifie « eau qui bout », en référence au bruit de l’eau qui s’écoule depuis la source. Ce nom est postérieur à l'édification du site. Il est très probable que les Incas lui avaient donné un autre nom.

Les origines de Tipón remontent aux époques pré-incas, autour de 1 200. Ses premiers occupants auraient été les membres de l'empire Wari ou la culture Ayarmarca. Par la suite, l'Inca Viracocha aurait occupé Tipón aux alentours de 1 400, le transformant en l’agrandissant et le développant.

Tipón présente une topographie intéressante et aujourd'hui encore, il impressionne par sa taille (239 hectares), ainsi que par son sens de l’organisation. Des canaux en pierre irriguent les terrasses et c’est tout un parcours que l’eau emprunte pour dévaler la montagne depuis sa source.

Aller à Tipón (alt. 3 400 m)

De Cusco, un bus vous permet de rallier Tipón, situé à environ 25 km au sud-est, en un peu plus de 30 min. La montée au site peut se faire à pied.

Tipón à l'époque précolombienne

Lieu de vie

Tipón était avant tout un lieu de vie et les secteurs urbains en sont la preuve. Il incluait des zones réservées à la noblesse, situées dans la partie supérieure. Il y avait aussi des zones pour les prêtres, les habitants de l'ayllu ainsi que des édifices pour le stockage et la défense.

L'ensemble des édifices réservés à la noblesse était travaillé avec beaucoup plus de détails et une certaine finesse, avec des niches typiques trapézoïdales qui caractérisent l'architecture inca.

Laboratoire agricole

Grâce aux divers microclimats de cette vallée, la zone a été propice pour l'expérimentation agricole de divers produits tels que la pomme de terre et le maïs, entre autres. Les différents étages écologiques des terrasses offraient en un même lieu des climats variés idéaux pour la culture de différentes espèces.

Il est aussi probable aussi que les incas aient utilisé ses caractéristiques pour y élaborer des jardins décoratifs. Des marches en pierre avaient été conçues afin de pouvoir monter ou descendre facilement les terrasses.

L’infrastructure monumentale et naturelle des lieux permettait donc une société organisée et autonome.

Une merveille de l’ingénierie hydraulique

Tipón est un véritable modèle d'ingénierie hydraulique au service de l'homme et la nature dont le système d'irrigation est complexe. En effet, il fallait avoir une bonne connaissance des flux et des pentes afin de construire ces énormes infrastructures, dans le but d’irriguer toute la zone.

Un bon exemple est l’ensemble des fontaines qui permettent à l'eau de se distribuer de façon homogène. En partant de la source fontaine, l'eau est conduite à travers un premier canal, puis deux, puis quatre, et ainsi de suite.

Les ingénieurs incas ont utilisé différentes pentes, largeurs et profondeurs des canaux pour contrôler la vitesse de l'eau et distribuer sa chute. Ils ont aussi utilisé l'inclination des murs pour diminuer son érosion sur la pierre. L'eau coule lentement par les canaux puis elle se répand par les cascades à une vitesse plus intense et contrôlée, grâce aux pentes.

Le culte de l’eau

Le maniement de l'eau à Tipón n’a pas été efficace que dans un but de production agricole. L’eau a toute une signification, qui s’exprime par la beauté de ses sources, la situation et le nombre de ses versants ainsi que par l'acoustique.

L’eau servait probablement à des rituels liturgiques.

L’architecture et les constructions hydrauliques des incas nous montrent le niveau impressionnant de développement atteint à l’époque en matière d’ingénierie. Le manque de l'élément liquide n'a jamais été un problème. Ces constructions servent encore aujourd’hui à approvisionner les populations qui habitent la zone.